ASH - Entre démagogie et austérité budgétaire

Publié le par SNUDI-FO 35

La scolarisation des handicapés dans l'impasse !

Les exemples abondent d'élèves, dont la MDPH a reconnu le handicap, qui ne peuvent, faute de moyens, bénéficier de l'aide dont ils ont besoin.

Ici, ce sont des élèves pour lesquels la MDPH a notifié une orientation en ULIS ou en IME, mais qui faute de place sont inscrits en classe ordinaire de collège. Lorsqu'une ULIS existe dans l'établissement, c'est bien souvent dans cette structure qu'ils sont scolarisés, en surnombre.

Ailleurs, c'est un élève scolarisé partiellement dans l'école de son secteur, avec un accompagnement par une AVS. La nature des contrats de ces salariés conduit, lorsqu'ils sont absents, à ce qu'ils ne soient pas remplacés. Le choix ne comporte alors que deux alternatives, toutes deux inacceptables : la déscolarisation temporaire de l'élève, ou son accueil, dans des conditions extrêmement difficiles. Dans les deux cas, le service public n'accomplit pas sa mission.

Et personne ne veut assumer la responsabilité du désastre: les différents acteurs de la scolarisation des handicapés (Éducation Nationale, associations gestionnaires des établissements spécialisés, ARS, MDPH) se renvoient la patate chaude, chacun accusant les autres de "ne pas jouer le jeu".

Les victimes de ce jeu de massacre, ce sont bien évidemment les élèves et leurs familles, ainsi que les enseignants, directement confrontés aux difficultés d'intégrer les enfants handicapés dans leurs classes, à la détresse, parfois agressive, des parents.

Enfin, personne, à part le SNUDI FO, ne semble vouloir dénoncer la loi du 11 février 2005, pompeusement intitulée loi pour l'égalité des chances, qui loin d'avoir donné de nouveaux droits aux handicapés, n'a servi qu'à démanteler méthodiquement l'enseignement spécialisé.

Face à cette situation de plus en plus intolérable, le SNUDI FO exige :

  • la mise en œuvre des notifications de la MDPH,
  • la création de tous les postes d'enseignants spécialisés,
  • le recrutements d'AVS,
  • le rétablissement d'une véritable formation spécialisée, dans toutes les options du CAPA-SH ou du 2 CA-SH (équivalent du CAPA-SH pour les enseignants du second degré),
  • l'ouverture de toutes les classes et structures spécialisées nécessaires.

Evaluations d'écoles

Publié le par SNUDI-FO 35

En imposant aux écoles de s'inscrire dans une démarche contractuelle, en donnant aux directeurs d'écoles le rôle de directeur pédagogique, l'inspecteur d'Académie applique la 4ème préconisation du rapport Reiss (rapport parlementaire qui, rappelons-le, visait à l'instauration d'établissements publics du primaire, E2P, énième version des EPEP), préconisation intitulée : " S'appuyer sur des leaders pédagogiques, les directeurs d'écoles ".

Pour le SNUDI FO, ce programme est une atteinte au statut, au cadre national de l'école publique. L'évaluation d'école n'est pas statutaire, nul ne saurait l'imposer aux enseignants.

Le SNUDI FO a demandé à l'IA de présenté son programme à la CAPD d'Ille et Vilaine. Il rappellera ses positions :
  • Abandon de la notion d'évaluation d'école.
  • Toute démarche d'analyse globale d'une école ne saurait être menée que sur la base du strict volontariat des enseignants.
  • L'inspection individuelle doit rester distincte de cette démarche.
  • Les documents élaborés ne sauraient être versés au dossier professionnel des enseignants, contrairement à ce que prévoit l'IA. Ces documents doivent rester de simples outils de travail et en aucun cas constituer des contrats d'objectifs.
  • Respect de la liberté pédagogique.
  • Le directeur ne saurait avoir la responsabilité de la mise en œuvre d'un quelconque protocole, d'une pédagogie officielle.

Evaluations Grande Section

Publié le par SNUDI-FO 35

Dans son numéro du mois de janvier 2011 de l'Ecole syndicaliste consacré aux livret de compétences (LPC), le SNUDI FO écrivait, à  ce propos :

Une menace pour les élèves

En établissant, pour chacun, un profil individuel de ses aptitudes, mais aussi de ses comportements, appelé à le suivre tout au long de ses études, avec le risque d’être utilisé au-delà par n’importe quel recruteur pour établir son “employabilité” .

Passée presque inaperçue, la loi n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 « relative à l’orientation et à la formation tout au long de la vie » a modifié le Code de l’éducation et le Code du travail en reliant les deux.
La loi institue pour les élèves un 2ème livret, le Livret de Compétences Expérimental (mis en place dans le cadre de la circulaire du 28 décembre 2009), expérimenté dans un nombre réduit d’établissements jusqu’en 2012. La même loi (nouvel article L.6315-2 du Code du travail) institue, avec une dénomination standard européenne mais un contenu strictement identique, le "passeport orientation et formation" (mis en place par la circulaire du 20 mai 2009). Les deux circulaires adaptent donc les modifications du Code de l’Education.
Ainsi renommé et prolongé pour la vie, ce "livret de compétences" pourrait être utilisé pour l’embauche et la carrière, n’importe quel recruteur pouvant en demander une copie à joindre au curriculum vitae.
Il y a donc une véritable menace de fichage des élèves tout au long de leur vie, comme dans "Base élèves", auquel nous restons opposés, le "Livret  personnel de compétences" étant amené à suivre l’élève toute sa vie sans droit à l’oubli.

Le projet d'évaluations des élèves de Grande Section s'inscrit dans cette logique.

Le SNUDI FO exige donc l'abandon de ce projet. Au même titre qu'il a exigé l'abandon du livret personnel de compétences, de base élèves, et des évaluations nationales, comme autant de dispositifs de fichage des élèves, mais aussi de pas supplémentaires vers la mise en place d'établissements autonomes, objectif poursuivi par le programme d'évaluations d'écoles que l'IA d'Ille et Vilaine veut mettre en place.